« Fait maison » au restaurant : définition, logo et comment le vérifier

Cuisinier qui prépare un plat à partir de légumes bruts dans une cuisine de restaurant

« Fait maison » : deux mots rassurants sur une carte de restaurant. Mais que garantissent-ils vraiment ? Depuis plusieurs années, la mention est encadrée par la loi. Voici ce qu’elle veut dire et comment ne pas se laisser tromper.

La définition légale

La mention « fait maison » est encadrée depuis la loi du 17 mars 2014, dite loi Hamon, puis par le décret du 11 juillet 2014, modifié en 2015. Selon ces textes, un plat « fait maison » est élaboré sur place à partir de produits bruts.

Un produit est considéré comme brut lorsqu’il n’a subi aucune modification importante : il est acheté cru par le restaurateur et n’a pas été mélangé à un autre aliment ni chauffé auparavant. Une pomme de terre, un morceau de bœuf cru, des légumes frais, un poisson entier sont des produits bruts.

Les exceptions admises

La réglementation autorise l’utilisation, dans un plat fait maison, de certains produits qui ont subi une transformation nécessaire à leur usage : par exemple du pain, des fromages, de la charcuterie, des produits de la mer fumés ou salés selon la liste fixée par la réglementation. Le restaurateur peut aussi acheter certains produits déjà préparés sans perdre sa mention, à condition de rester dans cette liste.

À l’inverse, un plat réchauffé à partir d’un produit industriel ou d’un surgelé cuisiné ne peut pas être présenté comme « fait maison ».

Le logo « fait maison »

Un logo officiel, représentant une casserole sous un toit, permet aux restaurateurs d’identifier les plats faits sur place. Il peut figurer à côté de chaque plat sur la carte ou sous une forme générale, avec une phrase du type « les plats signalés par ce logo sont élaborés sur place à partir de produits bruts ».

Qu’a-t-on le droit d’attendre ?

Si un plat porte la mention ou le logo, il est censé :

  • avoir été préparé dans l’établissement ;
  • avoir été élaboré à partir de produits bruts ;
  • ne pas avoir été simplement réchauffé ou assemblé à partir de produits industriels, hors exceptions autorisées.

Un restaurateur qui utilise la mention à tort s’expose à des sanctions pour pratique commerciale trompeuse.

Une évolution annoncée

Des annonces gouvernementales ont évoqué un renforcement de l’affichage, avec l’idée d’imposer une indication claire des plats qui ne sont pas faits maison. Selon les sources que nous avons consultées, ce projet n’était pas encore pleinement entré en vigueur au moment de la rédaction ; la réglementation peut évoluer, donc vérifiez les dernières informations sur le site de la DGCCRF.

Comment repérer un restaurant qui fait vraiment maison

  1. Une carte courte et saisonnière : il est difficile de tout préparer sur place avec une carte très longue.
  2. La mention précise, plat par plat, plutôt qu’un slogan général.
  3. Des plats qui changent selon le marché.
  4. Des sauces et desserts maison : tarte, mousse, crème brûlée, qui se reconnaissent à leur texture et à leur goût.
  5. Les questions simples : « Le plat est-il préparé ici ? », « D’où vient la viande ? » Un restaurateur transparent répond volontiers.

Notre guide pour choisir un bon restaurant dans une petite ville complète ces conseils.

Fait maison ne veut pas dire meilleur

« Fait maison » est une information sur la méthode, pas une garantie de goût. Un plat préparé sur place peut être excellent ou ordinaire, comme un plat issu d’un produit élaboré peut être très bon. Ce qui compte, c’est la cohérence entre la carte, les prix et la qualité servie. Pour décoder une formule, lisez notre article sur le menu du jour et celui sur la différence entre menu et carte.

Questions fréquentes

Quand peut-on dire « fait maison » ?

Quand le plat est élaboré sur place à partir de produits bruts, selon la définition légale. Les sites de l’administration (economie.gouv.fr, service-public.fr) détaillent les critères et les exceptions.

Le logo « fait maison » est-il obligatoire ?

La mention n’est pas obligatoire pour le restaurateur, mais si elle est utilisée, elle doit être exacte. Le logo officiel permet de la signaler plat par plat ou de façon générale sur la carte.

Une cuisine centrale ou un plat livré peuvent-ils être « fait maison » ?

Non : pour un restaurant, la cuisine doit être réalisée dans les locaux de l’établissement ; les produits préparés ailleurs ne peuvent pas porter la mention.

Que faire en cas de doute ?

Si vous pensez qu’un plat présenté comme fait maison ne l’est pas, vous pouvez d’abord en discuter avec le restaurateur. En cas de désaccord persistant, il est possible de contacter la direction départementale de la protection des populations (DDPP) de votre lieu de résidence ou de signaler le problème sur la plateforme officielle SignalConso.

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